01.04.2024

Par Bruno Serrou

Concert festif le soir du Vendredi de la Semaine sainte à Bruxelles, dans la grande salle Henry Le Bœuf du Bozar devant une salle débordant de mélomanes de tous âges venus assister à la prestation de l’un de ses violonistes favoris, Sergey Khachatryan aujourd’hui âgé de 38 ans, vainqueur en 2005 du prestigieux Concours Reine Elisabeth de Belgique, dont l’édition 2024 est de nouveau consacrée au violon. (…)

Le magicien du son Sergey Khachatryan exaltant remarquablement des timbres charnus, ronds, feutrés, épanouis. Il faut dire que l’ONB connaît depuis longtemps le violoniste arménien vivant à Francfort et enseignant à la Hochschule de Karlsruhe, puisque, en tant qu’orchestre officiel du Concours Reine Elisabeth depuis la fondation de ce dernier en 1937, il a été le partenaire du soliste dès la finale de l’édition 2005 dont il a remporté le Premier Prix. C’est avec le fort célèbre Concerto n° 1 pour violon et orchestre en sol mineur op. 26 de Bruch, son œuvre la plus courue, au même titre que son Kol Nidrei, pour violoncelle et orchestre op. 47 qui lui est postérieur de quatorze ans, que Sergey Khachatryan a été invité à se produire avec l’orchestre belge qui l’avait accompagné dans la finale du concours voilà bientôt dix-neuf ans. (…)

Dans cette partition concertante, les cordes ont sonné magnifiquement, de façon opulente et fruitée, autant celles de l’orchestre que celles du soliste, celles du BNO sertissant au somptueux Garnieri del Gesù de Sergey Khachatryan un tissu moelleux et souple, l’artiste arménien parvenant sans difficultés apparentes à chanter, à s’épanouir et à passer sans forcer au-dessus des tutti, à se fondre et à transcender la puissance de l’orchestre, brossant un remarquable Concerto n° 1 pour violon de Bruch dont il a su renouveler la teneur avec une aisance extrême et un bonheur communicatif… En bis, Sergey Khachatryan a donné deux mouvements de Sonates pour violon seul du Liégeois Eugène Ysaÿe (1858-1931) dont il vient de publier l’intégrale chez Naïve (2) enregistrée sur le violon du compositeur, le Guarneri del Gesù de 1740 naturellement nommé « Ysaÿe »…